Qu’est-ce que le bois énergie ?

Le bois énergie est la première des énergies renouvelables en France. Il désigne l’utilisation du bois en tant que combustible dans des installations domestiques, industrielles ou collectives. Cette ressource permet de produire de la chaleur renouvelable ou, plus rarement, de l’électricité par cogénération.

Le bois énergie est employé sous différentes formes : plaquettes forestières, produits connexes de scierie (sciures, délignures, chutes courtes, écorces, déchets et grumes déclassées), produits bois en fin de vie, granulés, bûches…

Ce combustible a diverses origines : forestière (forêt et sylviculture), bocagère ou agroforestière (haies, bosquets, vergers, etc.), paysagère (entretien des parcs et jardins, etc.), industrielle (sous-produits issus de la transformation du bois) ou résiduelle (bois fin de vie et bois déchet).

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Toutes les explications aux interrogations les plus courantes se trouvent dans le fascicule de Questions / Réponses – Bois énergie

Le bois, une énergie renouvelable en 10 questions, par l'Ademe 

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Les types de combustible bois

Bois Bûche - Le combustible bois le plus consommé

Malgré une tendance baissière, le bois bûche reste le combustible bois le plus consommé par les particuliers en Île-de-France (1,83 millions de m3 en 2018, dont seulement 25% est issu des forêts franciliennes). 75% des ménages franciliens possédant un chauffage au bois déclarent exclusivement utiliser cette ressource, et 13% l’utilisent en combinaison avec d’autres combustibles bois.

Les essences recommandées pour le bois de chauffage sont des essences feuillues :

  • les feuillus durs comme le charme, le chêne, le hêtre, le frêne et le châtaignier ;
  • les feuillus tendres qui font un bois d'allumage efficace : peuplier, aulne, saule et tilleul.

Sauf si elles sont bien sèches, les essences résineuses sont déconseillées à l'utilisation en bois bûche car elles peuvent accélérer l'encrassage et le bistrage des conduits.

Granulés - Le plus performant et flexible

Le granulé de bois, aussi connu sous le terme anglais de « pellet », est un combustible qui a la forme de cylindres de bois 100% naturels d’à peine quelques millimètres. Ils proviennent essentiellement du compactage de produits connexes de scieries, tels que la sciure et les copeaux. La matière première est finement broyée, séchée et amenée aux conditions nécessaires afin d’être comprimée à environ 100 bars à travers une presse.


Sa haute densité énergétique et sa granulométrie régulière en font un combustible moderne permettant l'automatisation complète des systèmes de chauffage. Son taux d’humidité très faible (inférieur à 10%) lui confère un haut pouvoir calorifique et permet aux appareils de chauffage d’avoir un excellent rendement.


Il convient à tous types de besoins : une chaudière automatique peut alimenter une maison ou un bâtiment collectif ; un poêle peut s’intégrer dans un appartement ou une maison de ville.


Du fait de sa très faible activité industrielle de 1ère transformation, la région importe la totalité des granulés consommés par les équipements individuels et les installations collectives franciliennes (soit 148 752 tonnes en 2018).

Bois déchiqueté - Le combustible collectif et industriel le plus compétitif

Les plaquettes de bois (ou « bois déchiqueté ») sont produites à partir des sous-produits issus de l’exploitation forestière, mais non commercialisés : houppiers, branchages jusqu'à un diamètre de 80 à 100 mm, bois tordus, produits d’éclaircies, etc. Branches et troncs sont simplement déchiquetés, optionnellement stockés pour séchage et envoyé en chaufferie. On distingue trois types de combustibles en fonction de leur origine : la plaquette forestière, les produits connexes des industries du bois et les produits bois en fin de vie.

  • La plaquette forestière - principal combustible bois des chaufferies

L’appellation « plaquette forestière » caractérise du bois-énergie directement issu de la forêt, à la différence des plaquettes industrielles ou des produits bois en fin de vie qui ont subi une transformation avant de devenir un combustible.

La plaquette forestière peut être issue de l’exploitation forestière, être récoltée spécifiquement sur les parcelles ou encore provenir du bocage par l'entretien les haies. Cela a l’avantage de dynamiser la régénération de la forêt ou du bocage, et de participer à l’entretien et à la gestion durable des forêts.

Le déchiquetage peut se réaliser en forêt, en bord de parcelle, sur une place de dépôt, sur une aire de stockage ou directement à l’entrée de la chaufferie. Le grand avantage des plaquettes est qu’elles ne rentrent pas en contact avec d’autres produits : cela limite la possibilité d’y retrouver des corps étrangers ou polluants.

A noter qu'en règle générale, plus la puissance de la chaudière est faible, plus le combustible doit être fin, calibré et sec. Ainsi, une plaquette fine et sèche sera plus performante, plus dense énergétiquement mais plus chère. Ce type de plaquettes peut être utilisé dans des chaudières collectives et industrielles de petite taille mais également dans des chaudières domestiques de taille importante (grande maison par exemple).

En Île-de-France, les plaquettes forestières et assimilées (PFA) sont le principal combustible bois des chaufferies collectives et industrielles (255 470 tonnes en 2022, dont 57% sont produites en Île-de-France).

Les produits connexes des industries du bois (ou sous-produits) sont issus de :

  • Les produits connexes des industries du bois

    • la première transformation : plaquettes, écorces, sciures humides. Les plaquettes de scierie ont pour origine les dosses et délignures broyées. On distingue les plaquettes blanches (écorcées) et les plaquettes grises (non écorcées). Les sciures sont produites au cours des coupes effectuées sur la matière première (généralement du bois frais). Une unité de production de granulés est parfois couplée à la scierie pour valoriser directement une partie des connexes.

    • la seconde transformation : chutes courtes, copeaux, sciures sèches. Les chutes courtes sont produites lors de la mise au gabarit des sciages. Les copeaux et sciures sèches sont obtenus lors du sciage, du ponçage et des différents usinages, avant tout traitement.

Ces produits connexes représentent près de 50% du volume de bois d’œuvre à l’entrée des industries. Cette ressource est très minoritaire en Île-de-France dans l’approvisionnent des chaufferies industrielles et collectives (moins de 1%).

  • Les produits bois en fin de vie

Ce sont les broyats obtenus à partir des palettes, des caisses, des cagettes et des barquettes qui sont jetées. Sous réserve qu’ils n’aient pas été traités, ni souillés, ces produits peuvent être utilisés en chaufferie. Ils proviennent de zones urbaines, industrielles et commerciales, ou encore d’entreprises de collecte et de réparation.

Ces broyats nécessitent souvent des opérations d’affinage (second broyage, déferraillage, dépoussiérage, calibrage...). Ce sont des produits secs qui ne présentent aucun traitement de préservation, d’ignifugation, ni aucun revêtement de type chant PVC.
Certains de ces broyats répondent à des critères qualité et environnementaux stricts permettant leur Sortie du Statut de Déchet (SSD) : ils peuvent alors servir de combustibles en chaufferie collective.

Les déchets de bois représentent une part importante des combustibles bois des chaufferies collectives et industrielles en Île-de-France (106 198 tonnes en 2018, dont 74% sont déclarés originaires d’Île-de-France).

 

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Se chauffer aux granulés de bois – Chauffage, Chaudière & Poêle

Référentiel de classification des déchets bois

Fontainebleau - Crédit : Radu Razvan/stock.adobe.com

Une ressource renouvelable

Quand la forêt est durablement gérée et le transport du bois minimisé, l'usage du bois pour la production d'énergie a un impact faible en carbone, contrairement aux énergies fossiles. Fort de cet avantage, il peut contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique et constitue une ressource vertueuse pour l’environnement.

Les forêts et leur gestion représentent donc des enjeux de taille : il est estimé que la forêt française capte 15% des émissions du territoire (source : SER), voire jusqu’à 20% si l’on prend en compte les émissions évitées par effet de substitution, c’est à dire par l’utilisation du bois en remplacement de matières fossiles pour la production d’énergie ou de matériaux de construction.

Or, le territoire francilien compte 281 000 ha de forêts (source : Memento IGN 2023) qui couvrent 23% du territoire. La forêt d’Île-de-France est majoritairement composée de feuillus (chêne, frêne, châtaignier…) et elle est gérée de manière durable et multifonctionnelle. Les débouchés du bois feuillus sont principalement l’aménagement intérieur et extérieur (bois d’œuvre) et tout ce qui n'est pas valorisé en bois d’œuvre est ensuite utilisé en bois-énergie et bois d'industrie. Une partie reste également sur place, en forêt, pour permettre de maintenir la fertilité des sols.

Plus précisément, la gestion des forêts et les différentes opérations sylvicoles nécessaires pour produire du bois d’œuvre conduisent à pratiquer des « éclaircies ». Comme les premières éclaircies ont peu d’intérêt en raison du faible diamètre du bois coupé, on les utilise comme bois-énergie afin de les valoriser sous forme de plaquettes forestières ou de bûches. Ainsi, en moyenne, sur toute la durée d’exploitation d’une parcelle, produire 1 m3 de bois d’œuvre conduit à produire 1 m3 de bois-énergie. Le bois-énergie est un complément utile à l’économie forestière, mais d'abord un outil de gestion sylvicole.

Répartition des destinations d'un arbre lors de sa récolte

La gestion durable des forêts & travaux forestiers - Crédit : Sebastien Rabany/stock.adobe.com

Une filière génératrice d’emplois non délocalisables

En France, la filière bois-énergie compte environ 40 000 emplois directs et indirects, auxquels peuvent être ajoutés entre 20 000 et 30 000 emplois informels (liés aux volumes de bois bûches non commercialisés) (source : CGAAER).

Le bois nécessite trois fois plus de main-d'œuvre que les énergies concurrentes. L'approvisionnement et l'entretien des chaufferies bois mobilisent davantage de main d'œuvre locale que les autres énergies. Elles sont donc génératrices d'emplois non délocalisables. Une chaufferie qui alimente 1 500 logements en utilisant 5 000 tonnes de bois, associée à une seconde énergie, permet de créer (ou maintenir) 4 emplois durables à temps plein dans des entreprises régionales (hormis la fabrication des matériels), pour :

  • la gestion des bois en forêt
  • l'exploitation, le tri et le débardage des différentes classes de bois
  • le conditionnement (déchiquetage), le transport, le stockage et la gestion de l'approvisionnement des chaufferies
  • l'exploitation des chaufferies
  • la gestion des cendres
Répartition des emplois directs et indirects dans le secteur du chauffage domestique, SER
Répartition des emplois directs et indirects dans le secteur du chauffage domestique, SER

 

Bois déchiqueté

Une énergie compétitive

Parmi les énergies commercialisées, le bois de chauffage est considéré comme l’énergie la plus accessible avec un prix presque deux fois inférieur à celui du gaz. En comparaison, en juin 2024, le prix du bois bûche était en moyenne de 0,0513 €/kWh contre 0,1112 €/kWh pour le gaz et 0,2757 €/kWh pour l’électricité (source : ONF Énergie)

Aussi, étant peu indexé sur le prix des énergies fossiles, le prix du bois-énergie est très stable. Au cours des dix dernières années il n’a varié que de quelques centimes d’euros pour par kWh.

Evolution du prix des énergies, ONF Energie
Evolution du prix des énergies, ONF Energie

 

Chauffage au bois Île-de-France - Crédit : Atlanbois

Le chauffage des particuliers

Le bois énergie est utilisé par des particuliers dans leur foyer, pour produire de la chaleur dans des appareils de chauffage dédiés, alimentés par des bûches ou des granulés : les foyers fermés et inserts, les poêles et les chaudières.

En Île-de-France, 812 000 ménages utilisent le chauffage au bois, soit 16% des ménages franciliens (source : Airparif), dont ⅓ en usage principal, ⅓ en usage d’appoint et ⅓ en agrément (source : ADEME/BVA). Ce type de chauffage couvre au total 5% des besoins énergétiques des bâtiments franciliens. De plus, grâce à l'amélioration de la performance des appareils de chauffage dédiés, la consommation moyenne de bois diminue dans les foyers franciliens utilisant cette énergie - en dehors des variations de consommation dues à la rigueur climatique.

L’usage domestique de bois de chauffage en Île-de-France est très difficile à quantifier et à qualifier. Une grande partie du bois utilisé pour le chauffage des particuliers est achetée en dehors du circuit commercial conventionnel (vente de bois par le voisin, partage avec un agriculteur…). En Île-de-France, en 2016, sur 457 000 m3de bois bûche récoltés, 361 000 m3étaient distribués hors circuit commercial (source : Programme Régional de la forêt et du bois). Cette pratique n’apporte pas de garantie sur la qualité du bois (essence, taux d’humidité…), ni sur son origine ou sur la gestion forestière des forêts dont il est issu. Ramener des volumes de bois bûche en circuit officiel permettrait de créer des emplois et de garantir une qualité optimale aux consommateurs.

Chaufferie biomasse - Crédit : Andrei Merkulov/stock.adobe.com

Le chauffage industriel et collectif

Cela concerne des installations de tailles moyennes ou importantes permettant de produire 50 kW à plusieurs mégawatts de puissance.

La distribution de la chaleur peut soit se limiter à un bâtiment, soit en desservir plusieurs via un réseau de chaleur. Les réseaux de type communal sont de petite taille (< 1 MW) ; ceux de type urbain sont de grande taille (550 MW) et capables de chauffer des villes entières. 

À titre d’exemple, une chaufferie bois de 2,5 à 3 MW consommant 4 000 tonnes de bois par an peut alimenter l'équivalent de 1 500 logements. Une chaufferie bois de 300 kW consommant 200 tonnes de bois par an peut alimenter une maison de retraite de 100 résidents (source : ADEME).

Les chaufferies collectives et industrielles s’approvisionnent en combustibles via des circuits professionnels. Elles sont principalement alimentées par de la biomasse provenant de la sylviculture (plaquettes forestières) et des industries de la transformation du bois (granulés), mais également par du combustible de récupération (bois d’emballage sorti du statut de déchet : broyat de palettes et cagettes).

En Île-de-France, en 2022, on comptait 134 chaufferies biomasse en fonctionnement, consommant 433 000 tonnes de biomasse par an (source : AREC).

 

Mis à jour le 27/03/2025